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Commissaire aux apports : rôle, obligation et coût lors d'un apport de titres

Le commissaire aux apports évalue les apports en nature et garantit la sincérité du capital social. Lors d'un apport de titres à une holding, sa désignation est en principe obligatoire en SARL comme en SAS, sauf dispense réservée aux apports de faible valeur. En pratique, les opérations d'apport-cession dépassent presque toujours les seuils de dispense : l'intervention d'un commissaire aux apports est alors requise, et son évaluation sécurise l'ensemble de l'opération.

Par Gabriel Aknin — 6 juin 2026

Commissaire aux apports : rôle, obligation et coût lors d'un apport de titres

En bref

  • Le commissaire aux apports évalue les apports en nature et établit un rapport sur leur valeur.
  • Sa désignation est en principe obligatoire en SARL comme en SAS dès qu'il y a apport en nature.
  • Dispense possible seulement si chaque apport ≤ 30 000 € ET total ≤ 50 % du capital, sur décision unanime.
  • En apport-cession, ces seuils sont presque toujours dépassés : le commissaire est en pratique requis.
  • En cas de dispense, les associés répondent solidairement de la valeur retenue pendant 5 ans.

Résumé

Le commissaire aux apports évalue les apports en nature et garantit la sincérité du capital social. Lors d'un apport de titres à une holding, sa désignation est en principe obligatoire en SARL comme en SAS, sauf dispense réservée aux apports de faible valeur. En pratique, les opérations d'apport-cession dépassent presque toujours les seuils de dispense : l'intervention d'un commissaire aux apports est alors requise, et son évaluation sécurise l'ensemble de l'opération.


Qu'est-ce qu'un commissaire aux apports ?

Le commissaire aux apports est un professionnel indépendant — commissaire aux comptes ou expert inscrit sur une liste officielle — chargé d'évaluer les apports en nature réalisés au profit d'une société. Lorsqu'un associé apporte autre chose que de l'argent (des titres, un fonds de commerce, un immeuble, des brevets…), sa contribution doit être valorisée : c'est l'objet de la mission du commissaire aux apports.

Au terme de son analyse, il établit un rapport sur la valeur des apports, qui est annexé aux statuts ou déposé au registre du commerce et des sociétés.

Une obligation de principe en SARL et en SAS

En SARL comme en SAS, la désignation d'un commissaire aux apports est obligatoire en principe dès lors qu'un apport en nature est réalisé. L'apport de titres à une holding entre pleinement dans ce cadre : il s'agit d'un apport en nature qui doit être évalué.

Les seuils de dispense

Une dispense est possible, mais elle est strictement encadrée. Les associés peuvent décider, à l'unanimité, de ne pas recourir à un commissaire aux apports lorsque deux conditions cumulatives sont réunies :

  • la valeur de chaque apport en nature n'excède pas 30 000 € ;
  • la valeur totale des apports en nature non soumis à évaluation n'excède pas la moitié du capital social.

Cette dispense, initialement réservée aux SARL (article L.223-9 du Code de commerce), a été étendue aux SAS par la loi « Sapin 2 » du 9 décembre 2016, le seuil de 30 000 € ayant été fixé par décret en 2017 (article L.227-1 du Code de commerce). Les règles sont donc aujourd'hui alignées entre les deux formes.

En apport-cession, la dispense est rarement applicable

Le profil des opérations d'apport-cession rend la dispense largement théorique. Les titres apportés portent le plus souvent sur des sociétés à forte valeur, dont la valorisation dépasse de loin 30 000 € — et constitue généralement l'essentiel, sinon la totalité, du capital de la holding. Les deux seuils étant cumulatifs, ils sont presque toujours dépassés.

Dans la pratique, l'intervention d'un commissaire aux apports est donc la règle dans ce type d'opération.

La responsabilité encourue en cas de dispense

Renoncer au commissaire aux apports n'est pas neutre. Lorsque les associés fixent eux-mêmes la valeur des apports, ils en deviennent solidairement responsables pendant cinq ans à l'égard des tiers. En cas de surévaluation contestée — par un créancier, un nouvel associé ou l'administration — ils peuvent être tenus d'en répondre personnellement.

Cette responsabilité explique que, même lorsque la dispense serait juridiquement possible, le recours à un commissaire aux apports reste souvent recommandé pour sécuriser l'opération.

Pourquoi l'évaluation est un point sensible en apport-cession

L'enjeu dépasse le droit des sociétés. La valeur retenue pour les titres apportés sert de base à la plus-value placée en report d'imposition : une évaluation fragile expose à un risque de remise en cause par l'administration fiscale. Une évaluation rigoureuse, documentée et conforme aux méthodes professionnelles, constitue donc un élément de sécurité fiscale autant que juridique.

Le coût

Les honoraires d'un commissaire aux apports sont libres et dépendent de la complexité de la mission : nature des titres apportés, méthodes d'évaluation à mettre en œuvre, volume des diligences. Ils doivent être appréciés au regard de l'enjeu de l'opération et de la sécurité qu'apporte une évaluation indépendante. Le commissaire est choisi à l'unanimité des associés ou, à défaut d'accord, désigné par le président du tribunal de commerce.


FAQ

Le commissaire aux apports est-il obligatoire pour un apport de titres ? En principe oui, en SARL comme en SAS, dès lors qu'il y a un apport en nature. Une dispense n'est possible que sous conditions de seuils.

Quels sont les seuils de dispense ? Chaque apport en nature ne doit pas excéder 30 000 €, et le total des apports en nature ne doit pas dépasser la moitié du capital social. La décision doit être prise à l'unanimité.

La dispense s'applique-t-elle en apport-cession ? Rarement. Les valorisations en jeu dépassent presque toujours les seuils, rendant le commissaire aux apports nécessaire.

Quelle responsabilité en cas de dispense ? Les associés sont solidairement responsables de la valeur des apports pendant cinq ans à l'égard des tiers.

Qui désigne le commissaire aux apports ? Les associés à l'unanimité ; à défaut d'accord, le président du tribunal de commerce.

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Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Chaque situation doit faire l'objet d'une analyse individuelle.

Gabriel Aknin — Avocat au Barreau de Paris